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JAZZ, FUNK & SOUL
LEELA JAMES - Soul food

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1 LEELA JAMES - Soul food
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2 OTiS REDDiNG - Security
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3 GLADYS KNiGHT - Licence to kill
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4 JOCELYN BROWN - Somebody else's guy
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Jocelyn Brown (interview)

Jocelyn Brown (interview)

En reference à cet article





Le chant est-il pour vous un héritage familial ?

Jocelyn Brown : Oui. Absolument tout le monde chante dans ma famille, même les hommes qui n'en ont pas du tout l'air. Nous avons des voix naturelles. On ne s'entraîne pas, il s'agit juste de développer nos voix, de comprendre où cela peut nous mener. Tu peux avoir une très belle voix mais ne pas savoir chanter. Je ne me réveille pas le matin en faisant des vocalises. Je me réveille en écoutant de la musique et je chante. Ce n'est pas un instrument comme les autres. Quand j'étais petite, je chantais tous les jours, ma grand-mère nous faisait chanter avec elle tous les matins. On chantait sans musique, dans toute la maison. Elle nous enseignait quelque chose mais pas par la force. Ce n'était pas un apprentissage majeur, c'était amusant. Plus tu apprenais, plus tu te rendais compte à quel point c'était spécial. Mais ma grand-mère ne nous forçait pas à chanter dans l'optique de nous divertir. C'est comme ça qu'on gagnait de l'argent : on chantait dans les Eglises. On était obligé de le faire. Mais ce n'était jamais un calvaire. Des fois, on était fatigué, mais on était bien en famille, on partageait un sentiment merveilleux. Parfois quand tu chantes, un sentiment incroyable te parcourt tout le corps, tu es aux bords des larmes, mais tu ne peux pas pleurer parce que tu es en train de chanter. C'est transcendant. C'est le genre de moments qui font que tu ne veux pas arrêter et que tu veux continuer à chanter encore et encore et encore. Le business de la musique a vraiment commencé pour moi quand j'avais 14 ans, quand j'étais en studio avec ma tante Barbara du groupe Ecstasy, Passion and Pain. J'avais aussi un groupe avec mon cousin appelé Something Different. J'ai commencé à me faire un petit nom. J'ai quitté New York pour Washington DC pour poursuivre une carrière en tant que chanteuse et pianiste, mais ma véritable ambition était de devenir professeur. Ça ne s'est pas passé ainsi... Pourtant, mon mari n'était pas trop d'accord avec ma carrière musicale. Je pense qu'il voyait ça comme quelque chose qui allait m'empêcher de réaliser mes devoirs de mère, étant donné que j'étais beaucoup sur la route. Il ne comprenait pas qu'il fallait être une femme très aimante pour partir sur la route, rester fidèle et revenir avec de l'argent sans en avoir dépensé et sans avoir manqué de respect à sa famille. Bien sûr je n'avais pas l'ambition de devenir une star, mais j'avais un avenir en tant que chanteuse. Malheureusement, nous avons divorcé.


Vous avez grandi en Caroline du Nord dans les années 50, c'était un endroit difficile pour les Noirs Américains ?

Pour les Noirs mais aussi pour les Blancs. C'était dur. Il y avait une famille polonaise près de chez nous, une famille mexicaine et bien sûr beaucoup de Noirs et d'Indiens et d'immigrants. Il y avait un problème racial. Le Klu Klux Klan agissait. Ils faisaient des choses horribles. Ils brûlaient des maisons, ils ont détruit la boîte aux lettres de ma mère et un de mes cousins est mort. C'était dur, mais c'était merveilleux. Les gens formaient une communauté unie. Ils pêchaient ensemble, ils chassaient ensemble. Mes voisins polonais élevaient des poulets, ils envoyaient des ½ufs à ma grand-mère, qui en retour leur offrait du beurre et des fleurs. On partageait tout. Toutes les familles, qu'elles soient indiennes, mexicaines ou noires, s'aimaient les unes les autres et s'entraidaient. C'est pour ça que j'ai du mal à comprendre le racisme.


Vous avez travaillé avec le groupe Kleer, c'était quand exactement ?

Jesus Christ ! Probablement en 1978 ou 79...


...Au moment de Intimate Connection. Vous chantez donc sur cet album ?

(Elle se met à chanter le refrain du morceau Intimate Connection). Eh oui, je chante sur cet album. Avant de s'appeler Kleer, le groupe s'appelait Pipe Line. Pipe Line était entre rock et funk. Ensuite, ils ont changé de nom pour Kleer, et c'est à ce moment que je suis devenue l'une de leurs choristes. Mais je les connaissais depuis bien avant ça. Ils ont été très importants dans ma vie.


Et Change, quels souvenirs gardez-vous de ce groupe ?

Tous les membres du groupe étaient de vieux amis, avec lesquels j'avais chanté un jour ou l'autre. C'était fou de les voir tous réunis ensemble dans un même studio. Change avait un son impressionnant. Quand on chantait tous ensemble, c'était incroyable. J'ai fait deux albums et demi avec eux.


Vous avez aussi travaillé avec Cerrone : la scène disco française était-elle différente de la scène américaine ?

Oui. Les Français y ajoutaient plus d'orchestration. Aux Etats-Unis, c'était moins classique, et les membres du groupe chantaient tous ensemble en même temps, contrairement à la France, où chacun chantait à tour de rôle. Cerrone jouait de la batterie quand Change ne s'occupait que des voix. Il avait un plus : l'orchestration musicale. J'étais plus une vocaliste avec Cerrone qu'avec Change par exemple.


Quelle est la personne qui vous a le plus touchée au cours de votre carrière ?

Il y en a tellement, mais j'en citerais deux en priorité : John Lennon et Bette Midler. Je n'avais jamais vu une femme travailler autant que Bette, j'étais très impressionnée. Et John, il n'y avait personne comme lui. Il était génial, il était tellement drôle. Mais personne ne le connaissait comme ça. On ne voyait en lui que John Lennon, le musicien des Beatles et le mari de Yoko Ono. Pas l'homme. J'ai passé deux mois en studio avec lui. Il était cool, il m'a beaucoup parlé, notamment de ma carrière. Il essayait de me convaincre de m'élever, de faire une carrière en solo. Moi, j'en avais peur, je voulais juste continuer à chanter en tant que choriste, j'étais bien comme ça, mais lui me poussait à me dépasser. On a finalement fait un pacte : si je faisais un morceau sous mon nom, il m'apprendrait tout ce que je voulais sur les sushis (Rires). Il est malheureusement parti bien avant...


Votre rencontre avec Michael Jackson ?

Il m'a invitée en 88 ou 89 lors des Grammy's pour chanter Man In The Mirror. Mais, il y avait 15 autres filles sur scène avec moi. Je n'étais donc pas toute seule...



Quelles sont les personnes qui vous ont le plus influencée ?

L'une de mes plus grandes influences est une femme que j'ai eu la chance de rencontrer : Sarah Vaughan. J'ai eu la chance de l'écouter me parler. Elle et ma mère avaient la même voix. Un jour, j'ai frappé à la porte de sa loge en demandant : « Vaughan est-elle là ? ». Elle a répondu avec une voix d'homme, ce qui l'a beaucoup fait rire. Je me suis installée dans sa loge et je l'ai regardée se coiffer et chantonner doucement un morceau. Elle ressemblait tellement à ma mère, qui venait de décéder, que je me suis mis à pleurer. Elle m'a demandé ce qui n'allait pas et m'a réconfortée. Sarah Vaughan a toujours mené sa vie de la façon dont elle l'entendait. Elle a toujours chanté ce qu'elle sentait, et non pas ce qu'on lui a demandé de chanter. J'ai savouré chaque minute que j'ai passé avec elle.


Vous êtes surtout connue pour avoir fait les backs de nombreux groupes, pourquoi ne pas avoir sorti plus de morceaux en solo sous votre propre nom ?

En tant qu'artiste, on avance motivé par notre art, par la passion du chant et de la musique. Si tu n'es pas toujours sur tes gardes, les gens peuvent tirer avantage de toi. Somebody Else's Guy m'a appris la plus grande leçon de ma vie sur les gens et sur le business. Ça s'est très mal passé. Je suis heureuse de l'avoir fait, je suis fière et je continuerai à chanter ce morceau jusqu'à ma mort mais j'ai dû traverser l'enfer. J'ai failli perdre ma famille à cause de certaines personnes qui nous ont volé ce morceau à moi et ma s½ur. Ma s½ur, qui l'a co-écrit, et moi ne nous sommes pas parlées pendant très longtemps. Ils nous ont séparées en lui faisant croire que j'avais gagné de l'argent et que je ne lui avais rien donné. Ce n'était pas vrai. Je n'ai rien gagné avec ce morceau. Mes droits d'auteur ont été volés. Ça vient tout juste de rentrer dans l'ordre. Ça m'a pris 20 ans pour récupérer ce morceau. À un moment, le master appartenait à huit personnes. Comment peut-on infliger ça à des personnes ? Je n'avais pas les ressources pour me battre contre ces gens, j'avais des enfants, je n'avais pas les moyens de me payer un avocat. Mais je suis toujours là, j'ai survécu et je me suis battue comme j'ai pu. Maintenant, j'ai le master. Je ne suis pas amère, je suis prudente...


On a cette image de la période disco funk comme étant une période très festive, heureuse, mais c'était finalement dur ?

Je ne peux même pas décrire à quel point c'était dur. Et aussi vite, le rap a débarqué. Quand Rapper's Delight est arrivé, ça a tout arrêté. Il n'était plus question de chanter, c'était à qui ferait le meilleur rap. On ne voulait plus nous entendre. Les gens voulaient faire de l'argent le plus rapidement possible. Ils ont pris beaucoup d'argent, mais ils ont aussi pris beaucoup de jeunes vies, des gens qui sont devenus complètement confus, drogués, alcoolisés, et à qui on a fait croire qu'ils n'avaient aucun talent, qu'ils ne pourraient pas aller loin ou alors qu'ils n'étaient valables que sur un seul tube.


Le premier morceau qui vous a samplée fut The Power de Snap, qu'avez-vous pensé quand vous l'avez écouté ?

J'étais choquée. Je ne pouvais pas croire que quelqu'un ait samplé ma voix. J'étais à Viennes. En entendant le morceau, mes amis me disaient que c'était moi, je leur assurais que non. Je suis donc allée voir le DJ, je lui ai demandé de le rejouer et j'ai réalisé que c'était bien moi. Ils avaient samplé Love's Gonna Get You. Je n'ai rien gagné sur la version de Snap. Rien du tout. Mais les DJs savaient que c'était moi et ils l'ont dit au monde entier. Ceux qui ont fait The Power ont utilisé le morceau pendant dix ans, il est temps pour eux d'être confrontés à leurs responsabilités. Il ne faut jamais laisser tomber. On ne peut pas faire de l'argent sur ta voix sans te respecter. Les puissants de l'industrie essaieront de stopper tes velléités à te battre, mais ça ne doit pas t'arrêter.

# Posté le vendredi 18 juillet 2008 06:44

Modifié le mercredi 05 novembre 2008 09:25

Dédicasse à Imani

# Posté le lundi 19 mai 2008 18:04

Modifié le mercredi 05 novembre 2008 09:25

« Je suis aveugle, mais on trouve toujours plus malheureux que soi. J'aurais pu être noir ! »Ray Charles

« Je suis aveugle, mais on trouve toujours plus malheureux que soi. J'aurais pu être noir ! »Ray Charles

Un Piano, un Doigté, une Humanité, si proche de la notre et pourtant tellement plus Mouvementée ... On dit que si l'Amour est aveugle sa Canne est Rose, et bien je dis que si la Musique est Orpheline, c'est d'un Père noir, et que ses Proses, nous laissent toutes en Mémoire, Un Rire si Bon que l'on Aurait peur d'être Sourd ...

# Posté le mercredi 23 avril 2008 18:57

Modifié le mercredi 05 novembre 2008 09:24

MP3 : JOCELYN BROWN - Somebody else's guy

JOCELYN BROWN - Somebody else's guy

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  • Titre : JOCELYN BROWN - Somebody else's guy
  • Année : 2008

Paroles :

Tout le monde connaît Jocelyn Brown pour son tube planétaire, Somebody Else's Guy, mais peu savent à quel point sa carrière discographique est riche. Rencontre avec une chanteuse qui a collaboré avec Chic, Kleer, Change, Roberta Flack, Janis Joplin, Bette Midler, George Benson, John Lennon, Masters At Work, Cerrone, Diana Ross...

# Posté le samedi 19 avril 2008 17:58

Modifié le samedi 19 avril 2008 18:15